lundi 19 décembre 2011

Les polythéismes de l'anté-Islam


L’Arabie pré-islamique était polythéiste. La notion de sacré était centrale dans les cultes rendus aux divinités. La pratique cultuelle était toutefois différente entre les peuples nomades du Hijaz et les peuples sédentaires du sud de la presqu'île arabique.

1- Au Hijaz

Notion de sacré : La notion de sacré est fondamentalement ambiguë. Le sacré est une force impersonnelle et mystérieuse qui peut être bienfaisante ou malfaisante. Haram (interdit) s'oppose à Hallal (licite). Le hallal a pour but de rendre pur l'impur. Cela signifie que dans le haram il y a de l'impur. Il y a donc des rapports de force entre haram et hallal au centre desquels on peut placer le profane qui est un lieu neutre où s'annulent les forces du pur et de l'impur.
Dans l'anté-islam, le haram est diffus et impersonnel, informe. Il y a les djinns qui sont des forces invisibles et imperceptibles dont il faut se méfier car ils sont les premiers occupants de la terre. Ils sont nombreux, surtout dans les lieux humides, nocturnes, dans les cimetières. Ils sont associés au sous-sol. Les djinns représentent un sacré primitif. Le sacré concerne le temps et l'espace :
A la Mecque, le haram (la kaaba) est un des points où le sacré est enraciné. En s'éloignant du centre sacré, l'énergie se dégrade. Il existe donc des espaces sacrés comportant des zones fastes et néfastes (YaMaNa et SaAMa), la droite et la gauche, qui s'opposent par rapport à l'angle nord-est de la kaaba. Il est vraisemblable qu'il y avait un culte solaire très ancien au lieu de la kaaba. La circumvolution des pèlerins musulmans pourrait provenir de cet ancien culte solaire.

Les enclos sacrés : Sauf en Arabie du Sud, les temples sont de simples enclos de pierre. A l'intérieur, un ou plusieurs bayt-Al (maison de la divinité) sont dressés, symbolisant la présence des puissances protectrices. Parfois les bayt-Al sont des sources ou des arbres. La Mecque est un lieu sacré important qui explique le pèlerinage anté-islamique. La pierre noire de la Kaaba était un bayt-Al.
Des rites précédés d'abblutions purificatrices se déroulaient avant l'approche du lieu sacré (changement de vêtement, coupe des cheveux…). Des offrandes (animaux ou repas rituels) étaient faites à la divinité. Le principal élément de culte était la circulation (dawar, tawaf) ou procession entrecoupée de stations. Il ne semble pas que des prières étaient prononcées à cette occasion.

Sacralité du temps : Le calendrier anté-islamique était lunaire. Le mois intercalaire de rattrapage avec les années solaires a été supprimé par le Prophète. Il y avait quatre mois sacrés au cours desquels devaient cesser les combats.

Il n'y avait pas de clergé au Hijaz, contrairement à l'Arabie du Sud. Les chefs des clans assuraient le service cultuel assistés d'un personnel spécialisé, les kahin(s).

Chaque tribu avait ses propres divinités, certaines étant communes à plusieurs tribus. Le dieu Houbal, peut-être d'origine syrienne, est associé à la triade des déesses Al Ozza, Al Lat et Manat. Il y avait d'autres dieux tels Ouzal, Al Galsal, Al Ilah et Al Rahman. Une certaine hiérarchie divine laisse supposer l'apparition d'un hénothéisme.

2- Arabie du Sud :

Les divinités avaient un caractère astral. Le panthéon s'organisait autour de la triade formée de la Lune, du Soleil et de Vénus.
Les temples étaient des édifices et leur fonctionnement était assuré par des prêtres attitrés et spécialisés.
La société Sud-Arabique était sédentaire, ce qui explique une pratique cultuelle plus élaborée qu'au Hijaz.

Les communautés Juives en Arabie pré-islamique

Des communautés juives étaient implantées depuis plusieurs siècles dans la presqu’île arabique avant l’arrivée de l’Islam. Elles étaient surtout installées au Yémen.
Selon les historiens, ces communautés étaient soit des Hébreux ayant fuit la répression romaine au IIème siècle après JC, soit des Arabes judaïsés.

Ces communautés occupaient le chapelet des oasis Nord-Sud depuis la Syrie jusqu’au Yémen. Elles étaient protégées par des clans arabes (système du hilf) mais il est possible que cette situation était inversée plusieurs siècles avant.

Les implantations juives étaient importantes au Yémen. Il est possible que des Juifs convertis à l’Islam aient fait passer des notions judaïques (récits des prophètes par exemple) dans la tradition islamique. Les communautés juives étaient puissantes et très structurées, très conscientes de leur identité. Malgré cette spécificité identitaire, les structures sociales des tribus juives étaient les mêmes que celles des Arabes.

Les Chrétiens en Arabie pré-islamique
Les chrétiens en Arabie pré-islamique étaient moins nombreux et moins bien organisés que les communautés juives. C’était des occupants plus récents qui ont pénétré dans la presqu’île vers le IIIème siècle après J-C.
Le premier groupe était celui des Abyssins qui se répartissaient entre mercenaires et esclaves au service des Arabes, notamment à La Mecque.
Le second groupe était celui des Nabatéens (‘al Ambat) originaires de Pétra. Ils étaient spécialisés dans le commerce du blé, de l’huile d’olive et du vin.
Ils étaient soumis à une taxe, la gizya, qui était un impôt par tête sur les étrangers résidents en contrepartie de la protection des Arabes de La Mecque.
Il est vraisemblable qu’il y avait également des Arabes christianisés implantés en Arabie de longue date.
La principale implantation chrétienne était Najran, aux portes du Yémen. C’était des chrétiens monophysites, donc d’origine syrienne, qui avaient leur évêque.
Le monde chrétien des premiers siècles a été secoué de plusieurs dissidences et des débats théologiques se sont élaborés puis ont pris une certaine acuité lors de la conversion de l’empereur byzantin Constantin en 313 puis en 384 lorsque le christianisme est devenu religion d’Etat sous l’empereur Théodose.
A partir de ce moment, l’amalgame s’est fait entre religion et fidélité à l’empereur de Byzance. Les schismes et les répressions se sont succédées. Les tensions sont devenues très fortes au milieu du VIème siècle sous Justinien.
La hiérarchie gréco-chrétienne s’est opposée au christianisme populaire de culture non-grecque (Araméens, Coptes…).
La première grande controverse fut celle de l’arianisme. Arius diffusa une doctrine selon laquelle si Dieu est unique et inengendré, son Verbe, c’est-à-dire son fils Christ est créé. Christ n’était donc pas de la même nature que Dieu. Le concile de Nicée condamna l’arianisme et élabora le dogme de la Trinité selon lequel Dieu, Christ et l’Esprit Saint étaient l’expression d’une seule personne divine. L’arianisme s’installa néanmoins dans les Balkans et un peu en Europe Occidentale (les Wisigoths notamment).
La deuxième grande controverse est engagée par Nestorius Patriarche de Constantinople (Byzance). Nestorius posa le principe de la séparation des natures divine et humaine du Christ. C’était à la fois une contestation du dogme de l’incarnation selon lequel Dieu s’est fait homme en la personne de Jésus Christ et du dogme de la rédemption puisque selon Nestorius seule la nature humaine du Christ était morte sur la croix.
Le concile d’Ephèse de 431 condamna Nestorius. Ses partisans se réfugièrent dans l’empire Sassanide (en particulier l’actuel Irak.)
La troisième controverse fut celle du monophysisme. Eutychès déclara qu’après la crucifixion de Jésus il ne subsistait que sa nature divine, le divin ayant alors absorbé l’humain. Le concile de Chalcédoine condamna le monophysisme et excommunia Eutychès. Le monophysisme triompha en Arménie, en Syrie, en Egypte et au Soudan. Les Arabes pré-islamiques étaient donc au contact direct des chrétiens et plus particulièrement des dissidents monophysites et nestoriens.

mercredi 26 janvier 2011

Louis-Ferdinand Céline censuré

Sous la pression de groupes dont l'influence n'est plus à démontrer, le ministre de la culture a décidé de ne pas commémorer le cinquantième anniversaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline au motif de son antisémitisme forcené. Céline était un antisémite délirant mais il a été également l'un des plus grands écrivains français du XXème siècle. Devons-nous l'écarter du panthéon de la République des Lettres parce qu'il était un salaud ? Dans ce cas, éliminons tous les écrivains et les poètes qui se sont faits les complices du stalinisme et du maoïsme; tous ceux qui se sont compromis dans des trafics, ceux qui ont justifié des massacres, des guerres et des occupations injustes. La France doit assumer son héritage, le passif comme l'actif. Réécrire l'Histoire à coup de censure et d'auto-flagellation est pitoyable et dangereux. Nous ne censurerons jamais assez au yeux de certains. Cessons ces reculades permanentes et prenons le courage de commémorer le grand écrivain que fut Céline.

lundi 3 novembre 2008

D'un assassinat l'autre

Le 28 avril 1407, profitant de la maladie du roi Charles VI, Louis d’Orléans obtient une réforme du Conseil qui lui en donne le contrôle face à son rival Jean sans Peur, duc de Bourgogne.
Celui-ci décide d’éliminer la menace. Louis tombe sous les coups des spadassins le soir du 23 novembre 1407 à Paris.
S’appuyant sur sa popularité auprès des bourgeois de la capitale, le coupable échappe au jugement et à son éventuelle condamnation. Une lutte à mort s’ouvre entre la maison d’Orléans alliée aux Armagnac et Jean sans Peur.
Après la révolte cabochienne et sa répression à Paris, le royaume espère un répit. C’est alors que survient l’assassinat de Jean sans Peur à Montereau le 19 septembre 1419.


Essai historique publié aux Editions Le Manuscrit le 17 mars 2009

Pour en savoir plus sur cet ouvrage, cliquez ici.

jeudi 30 octobre 2008

Le chevaucheur des nuées



Quelle est cette mystérieuse communauté des “serviteurs du chevaucheur des nuées“ ? Une bande d‘illuminés prônant toutes les transgressions au nom de la liberté et de la puissance ? Une redoutable organisation criminelle internationale dont les ramifications envahissent peu à peu toutes les sphères du pouvoir politique et économique ? Une quête haletante conduit Lou, héros malgré lui, à la recherche de la vérité. De Paris à Vancouver et du Caire aux souterrains de l‘antique cité d‘Ugarit en Syrie, sa route est jonchée de cadavres atrocement mutilés et d‘apparitions énigmatiques. Ce récit nous entraîne aux confins de la réalité et des illusions, là où les apparences se conjuguent en un cauchemar éveillé aux limites de la folie. Oeuvre de fiction ? En apparence...

Mort étrange d'un général

Ce roman nous plonge dans la période troublée de la fin de la guerre d‘Algérie où s‘entrecroisent assassinats et complots. Les considérations politiques ne facilitent pas le travail du commissaire chargé d’enquêter sur le décès étrange d‘un général à la retraite.

"Le tonnerre gronda à nouveau. La pluie crépitait contre les volets. Un fin courant d’air frais caressa son corps engourdi. La fenêtre s’était-elle ouverte ? Ou bien était-ce une porte ? Ce bruit de pas feutré était-il le fruit de son imagination ? Peut-être avait-il la fièvre…Il sentit une présence, des odeurs. Il ne parvint pas à s’extraire de sa torpeur. Le souffle d’une respiration passa sur son visage. Il tenta de lever les bras mais ses membres étaient de plomb et refusaient d’obéir. Sa tête s’appuya contre un coussin ou un oreiller…Oui c’était certainement l’oreiller. Il était sûrement dans son lit. Il essaya de se redresser mais en vain. Sa tête était lourde. Il avait soif. Soudain, un merveilleux sentiment de fraîcheur envahit sa bouche chaude et sèche."

vendredi 4 avril 2008

Le Coq Rouge: La grande jacquerie de 1358


Le coq rouge : C’est sous ce vocable quelque peu étrange que les paysans du 14éme siècle désignent le feu. A la fin du printemps de 1358, le coq rouge embrase soudainement le nord et l'est de la région parisienne. Les incendies, les feux de joie puis les brasiers d’une impitoyable répression vont éclairer le ciel de Picardie et d’Ile-de-France entre le 28 mai et la fin du mois de juin.
Lire une critique.