mercredi 27 mai 2009
lundi 3 novembre 2008
D'un assassinat l'autre
Le 28 avril 1407, profitant de la maladie du roi Charles VI, Louis d’Orléans obtient une réforme du Conseil qui lui en donne le contrôle face à son rival Jean sans Peur, duc de Bourgogne.
Celui-ci décide d’éliminer la menace. Louis tombe sous les coups des spadassins le soir du 23 novembre 1407 à Paris.
S’appuyant sur sa popularité auprès des bourgeois de la capitale, le coupable échappe au jugement et à son éventuelle condamnation. Une lutte à mort s’ouvre entre la maison d’Orléans alliée aux Armagnac et Jean sans Peur.
Après la révolte cabochienne et sa répression à Paris, le royaume espère un répit. C’est alors que survient l’assassinat de Jean sans Peur à Montereau le 19 septembre 1419.
Essai historique publié aux Editions Le Manuscrit le 17 mars 2009
Pour en savoir plus sur cet ouvrage, cliquez ici.
Celui-ci décide d’éliminer la menace. Louis tombe sous les coups des spadassins le soir du 23 novembre 1407 à Paris.
S’appuyant sur sa popularité auprès des bourgeois de la capitale, le coupable échappe au jugement et à son éventuelle condamnation. Une lutte à mort s’ouvre entre la maison d’Orléans alliée aux Armagnac et Jean sans Peur.
Après la révolte cabochienne et sa répression à Paris, le royaume espère un répit. C’est alors que survient l’assassinat de Jean sans Peur à Montereau le 19 septembre 1419.
Essai historique publié aux Editions Le Manuscrit le 17 mars 2009
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jeudi 30 octobre 2008
Le chevaucheur des nuées

Quelle est cette mystérieuse communauté des “serviteurs du chevaucheur des nuées“ ? Une bande d‘illuminés prônant toutes les transgressions au nom de la liberté et de la puissance ? Une redoutable organisation criminelle internationale dont les ramifications envahissent peu à peu toutes les sphères du pouvoir politique et économique ? Une quête haletante conduit Lou, héros malgré lui, à la recherche de la vérité. De Paris à Vancouver et du Caire aux souterrains de l‘antique cité d‘Ugarit en Syrie, sa route est jonchée de cadavres atrocement mutilés et d‘apparitions énigmatiques. Ce récit nous entraîne aux confins de la réalité et des illusions, là où les apparences se conjuguent en un cauchemar éveillé aux limites de la folie. Oeuvre de fiction ? En apparence...
Mort étrange d'un général
Ce roman nous plonge dans la période troublée de la fin de la guerre d‘Algérie où s‘entrecroisent assassinats et complots. Les considérations politiques ne facilitent pas le travail du commissaire chargé d’enquêter sur le décès étrange d‘un général à la retraite. "Le tonnerre gronda à nouveau. La pluie crépitait contre les volets. Un fin courant d’air frais caressa son corps engourdi. La fenêtre s’était-elle ouverte ? Ou bien était-ce une porte ? Ce bruit de pas feutré était-il le fruit de son imagination ? Peut-être avait-il la fièvre…Il sentit une présence, des odeurs. Il ne parvint pas à s’extraire de sa torpeur. Le souffle d’une respiration passa sur son visage. Il tenta de lever les bras mais ses membres étaient de plomb et refusaient d’obéir. Sa tête s’appuya contre un coussin ou un oreiller…Oui c’était certainement l’oreiller. Il était sûrement dans son lit. Il essaya de se redresser mais en vain. Sa tête était lourde. Il avait soif. Soudain, un merveilleux sentiment de fraîcheur envahit sa bouche chaude et sèche."
vendredi 4 avril 2008
Le Coq Rouge: La grande jacquerie de 1358


Le coq rouge : C’est sous ce vocable quelque peu étrange que les paysans du 14éme siècle désignent le feu. A la fin du printemps de 1358, le coq rouge embrase soudainement le nord et l'est de la région parisienne. Les incendies, les feux de joie puis les brasiers d’une impitoyable répression vont éclairer le ciel de Picardie et d’Ile-de-France entre le 28 mai et la fin du mois de juin.
mercredi 5 décembre 2007
Henri POURRAT à Ambert et Paris

Henri Pourrat a vu le jour le 7 mai 1887 à Ambert, en Auvergne, pays qu’il ne cessera d’évoquer dans son oeuvre au point de n’apparaître, aux yeux de beaucoup, que comme un auteur régionaliste.
A l’exception d’une année passée à Paris, au Lycée Henry IV, il ne quitte sa terre natale que pour de rares et brefs déplacements. Il est admis en 1905 à l’Institut national agronomique mais, atteint de tuberculose, il doit renoncer aux études et revient dans sa famille. Il s’impose une vie calme et régulière. Ses journées sont consacrées à l’écriture, aux promenades dans la campagne et à la lecture. Il publie ses premiers textes en 1906 dans des revues locales.
Sa santé fragile l’exonère de la mobilisation au moment de la déclaration de guerre en 1914. Le conflit lui inspire « Les montagnards ». Le livre est publié en 1919.
Avec son frère Paul, Henri se lie d’amitié avec un autre Ambertois qui deviendra, lui aussi, un auteur reconnu : Alexandre Vialatte. Leurs relations épistolaires se composent d’un millier de lettres écrites de 1916 à 1959 témoignant d’une profonde amitié propice à l’échange en toute franchise de leurs avis et de leurs expériences.
Il rencontre Jean Paulhan en 1920.
En décembre 1921, il obtient le prix du Figaro pour le premier tome de « Gaspard des Montagnes ». Dix ans plus tard, c’est l’ensemble des quatre volumes qui est récompensé par le grand prix du roman de l’Académie Française.
« Les vaillances, farces et aventures de Gaspard des montagnes » est un livre mettant en scène un paysan de la région d’Ambert, Gaspard. Le héros participe, malgré lui, aux sanglantes campagnes napoléoniennes et, rescapé des massacres, revient au pays après la défaite de la Grande Armée. Il se trouve rapidement plongé dans une succession d’aventures où l’auteur mêle les contes, les légendes et des faits réels comme l’assassinat du propriétaire du moulin à papier « Richard de Bas ». S’ouvrant sur « Le château des sept portes », l’ouvrage est articulé autour de « veillées », ces longues soirées d’hiver durant lesquelles les anciens contaient des histoires devant la cheminée.
En 1928, il épouse Marie Bresson au Vernet la Varenne et publie « Ceux d’Auvergne ».
L’année suivante, son père décède. En 1930, il voyage dans le midi et publie le tome 3 de « Gaspard des montagnes ». C’est aussi l’année de la naissance de Françoise, sa fille aînée.
Son oeuvre est riche d’une centaine d’ouvrages : romans, biographies, essais historiques, philosophiques et religieux, contes… Parmi tous ses écrits, citons « Histoire des gens dans les montagnes du centre », « Le mauvais garçon », « Châteaux en Auvergne », « L’homme à la bêche », « Histoire fidèle de la bête en Gévaudan »… Loin d’être le prétexte à un régionalisme désuet, sa province natale est le cadre privilégié pour comprendre et mettre en valeur la nature sauvage et, témoin d’un ordre universel, le lien qui unit étroitement les paysans et la terre. De lui, Marie-Aimée Méraville n’a-telle pas écrit que « De ce sens cosmique, Henri Pourrat est aujourd’hui l’un des principaux répondants. »
En 1941 Henri Pourrat reçoit le prix Goncourt pour « Vents de Mars ». Les dernières années de sa vie sont entièrement consacrées au monumental « Trésor des Contes » auquel il attachait une grande importance.
Je me souviens, par une matinée glaciale de l’hiver de 1954, d’une silhouette qui apparut au bout d’une ruelle d’Ambert. L’homme portait un chapeau et ses épaules étaient recouvertes d’un manteau ou d’une cape. Ma mère me dit : « Tu vois cet homme là-bas ? C’est l’écrivain Henri Pourrat ». Je conserve un souvenir intact de cette fugitive rencontre comme de celle que je fis en 1965 dans une librairie du centre de Clermont-Ferrand avec le regretté Bernard Noël. L’acteur interprétait alors le rôle de Gaspard des montagnes pour l’adaptation télévisée qui était en train d’être réalisée au milieu des landes et des bois du Livradois qu’Henri Pourrat n’avait cessé d’aimer et d’évoquer jusqu’à cette journée du 16 juillet 1959 où il mourut.
mardi 24 avril 2007
Louis-Ferdinand Céline

Louis DESTOUCHES est né le 27 mai 1894 Rampe du pont à Courbevoie (Seine), dans l’appartement familial situé à côté de la boutique de mode et lingerie que tient sa mère Marguerite Guillou. Son père, Fernand Destouches, est employé dans une compagnie d’assurances.
L’enfant est rapidement placé en nourrice à la campagne. Il rejoindra ses parent en 1897. A cette date, Marguerite a dû liquider son commerce qui périclitait. Les Destouches se sont installés rue de Babylone à Paris.
Marguerite travaille à présent comme vendeuse dans la boutique de sa mère, Céline Guillou. Nouveau déménagement en novembre 1898 puis un suivant en juillet 1899. Désormais, la famille habite 67, passage Choiseul.
Beaucoup plus tard, Louis devenu Louis-Ferdinand Céline (il a pris pour nom de plume le prénom de sa grand-mère maternelle), évoquera le passage Choiseul dans « Mort à crédit » en ces termes : « Au passage des Bérésinas, dans les étalages, partout, y avait des nombreux changements depuis que j’étais parti... Un projet était à l’étude pour amener l’électricité dans toutes les boutiques du Passage ! On supprimerait alors le gaz qui sifflait dès quatre heures du soir, par ses trois cent vingt becs, et qui puait si fortement dans tout notre air confiné que certaines dames, vers sept heures, arrivaient à s’en trouver mal...Cloches !... Sous cloche qu’on était ! sous cloche qu’il fallait demeurer ! Toujours et quand même ! Un point c’était tout !... »
Après avoir obtenu le Certificat d’études primaires en juin 1907, Louis est envoyé en pension en Allemagne, près de Hanovre, pour y apprendre la langue. Ses parents souhaitent l’orienter vers une carrière commerciale et estiment que la connaissance de langues étrangères sera nécessaire à leur fils. Après avoir passé plus d’un an en Allemagne, Louis est envoyé en Angleterre. Il passe presque toute l’année 1909 dans des collèges britanniques, d’abord à Rochester puis à Broadstairs.
De retour en France en janvier 1910, il entre en apprentissage chez un marchand de tissu.
« On allait me mettre à l’épreuve. C’était fini d’être égoïste, pervers, insolite... J’allais avoir aussi mon rôle, mon but dans la vie ! Soulager maman !... Presto !... Charger, foncer sur un business ! » (Mort à crédit).
Après les tissus, la bijouterie. Louis travaille successivement chez plusieurs joailliers. D’octobre 1911 à mai 1912 il est affecté à la succursale de Nice des frères La cloche, joailliers. Le 21 septembre de la même année, le jeune homme devance l’appel et s’engage dans l’armée pour trois ans. Il est affecté au 12e régiment de cuirassiers où il reçoit le grade de Brigadier en août 1913. C’est à ce moment qu’il rédige les Carnets du cuirassier Destouches qui seront publiés en marge du roman Casse Pipe.
« Ces descentes aux écuries dans la brume matinale. La sarabande des galoches dans l’escalier, la corvée d’écurie dans la pénombre. Quel noble métier que le métier des armes. Au fait les vrais sacrifices consistent peut-être dans la manipulation du fumier à la lumière blafarde d’un falot crasseux ?... »
Dès la déclaration de guerre à l’été de 1914, son régiment est engagé dans la bataille de la Lys. Le Maréchal des Logis Destouches se porte volontaire pour une mission de liaison. Il est blessé au bras droit. Cité à l’ordre du régiment, il est décoré de la croix de guerre. Le 1er décembre, il est transféré à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris puis à Paul-Brousse en banlieue. Il subit une seconde intervention chirurgicale début 1915. La guerre et ses horreurs marquent définitivement le futur écrivain. Le bruit, celui des bombes et des cris, les sifflements qui habiteront en locataires indélicats son cerveau et dont il ne cessera de dénoncer l’insoutenable tapage au fil de son œuvre : « ... je peux dire que je ne dors que par instants depuis novembre 14... je m’arrange avec bruits d’oreilles... je les écoute devenir trombones, orchestre complet, gare de triage... » (Nord).
Les sons, les bruits surtout, vont marquer son style par le recours aux onomatopées (ptaf ! vlang ! pflaff ! vrrac ! craccs ! uuuh ! braoum ! broom ! branng !...) qui sont autant de notes de musique, de sa musique à lui : « vous vous maltraitez la tête pendant vingt ans, du diable si vous ne trouvez pas !... si borné, si peu mélodieux que vous soyez !... je redescends, j’ai les quatre notes... sol dièze ! sol ! la dièze !...si !... » (Rigodon).
En mai 1915, il est affecté au consulat de France à Londres. En décembre, il est réformé. Il épouse à Londres Suzanne Nebout.
En mars 1916, il est engagé en qualité de surveillant de plantation en Afrique. Il prend la direction d’une exploitation à Bikominbo mais doit être rapatrié en 1917 car il est atteint de dysenterie. Sur le bateau qui le ramène en France il écrit sa première œuvre de fiction intitulée Des vagues.
De son séjour en Afrique, le futur Céline rapportera des souvenirs qu’il intégrera dans l’œuvre majeure qui fera de lui un écrivain de premier plan à partir de 1932, Voyage au bout de la nuit : « La végétation bouffie des jardins tenait à grand-peine, agressive, farouche, entre les palissades, éclatantes frondaisons formant laitues en délire autour de chaque maison, ratatiné gros blanc d’œuf solide dans lequel achevait de pourrir un Européen jaunet... »
La cloche malodorante et étouffante du Passage Choiseul, le fumier des écuries de Rambouillet, la moiteur et les mouches d’Afrique sont autant d’éléments que le Céline hygiéniste note consciencieusement.
En septembre 1916, Louis travaille avec Raoul Marquis, dit Henry de Graffigny (Courtial des Pereires dans Mort à crédit), directeur d’Euréka, une revue scientifique.
Embauché en 1918 par la mission Rockfeller qui mène une active campagne contre la tuberculose, Louis Destouches parcoure la Bretagne. Il rencontre le docteur Follet à Rennes. En novembre 1918, Louis quitte la mission Rockfeller et s’inscrit pour passer son baccalauréat qu’il obtient au printemps 1919.
Il épouse Edith, la fille du docteur Follet. A-t-il divorcé de Suzanne Nebout ? Nous l’ignorons. Etait-ce nécessaire ? Ce premier mariage n’avait pas été déclaré au consulat. Le couple s’installe à Rennes où Louis, bénéficiant du régime spécial des anciens combattants, s’inscrit à l’école de médecine. Le 15 juin 1920, Edith donne le jour à Colette. Le futur praticien soutient sa thèse le 1er mai 1924. Elle est consacrée à la vie et à l’œuvre du médecin hongrois Philippe-Ignace Semmelweis, précurseur de la lutte contre l’infection puerpérale. Le style de la thèse est délibérément littéraire.
Recruté à nouveau par la fondation Rockfeller, Louis Destouches est mis à la disposition de la Commission d’Hygiène de la Société des Nations (S.D.N., l’ancêtre de l’O.N.U.) dont le siège est à Genève. Laissant sa femme et sa fille à Rennes, le jeune médecin s’installe au bord du lac Léman pour travailler avec le docteur Rajchman, dont il brossera le portrait sous les traits de Yundenzweck dans la pièce de théâtre L’église et de Yubelblat dans le pamphlet pacifiste et antisémite Bagatelle pour un massacre qu’il écrira en 1937. Dans le cadre de ses fonctions à la S.D.N., il conduit un groupe de médecins en 1925 aux Etats-Unis, à Cuba, au Canada et en Angleterre puis est envoyé en mission au Nigéria et au Sénégal en 1926. Il évoque son contact avec l’Amérique dans Voyage au bout de la nuit par ces phrases : « Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New-York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux même. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur. »
Tous ces voyages l’obligent à délaisser Edith qui obtient le divorce en juin 1926. Louis Destouches commence la rédaction de L’Église. A Genève, il rencontre celle à qui il dédicacera le Voyage, Elisabeth Craig, une danseuse américaine de 23 ans.
De retour à Paris, Louis ouvre un cabinet médical qu’il doit rapidement fermer faute de clientèle. Il assure alors des vacations au dispensaire de Clichy et s’installe rue Lepic [1] avec Elisabeth. Le couple rencontre et fréquente le peintre Henri Mahé et la danseuse Karen Marie Jensen. Après avoir écrit une seconde pièce, Progrès, il songe à son roman qui deviendra Voyage au bout de la nuit et dont le personnage principal, Bardamu, semble être à la fois un double de l’auteur et également inspiré par Joseph Garcin que Louis a rencontré.
Il continue, ponctuellement, à effectuer des missions pour le compte de la S.D.N.
C’est au printemps 1931 que les premières pages du Voyage sont dactylographiées. Après les refus de quelques éditeurs dont Gallimard, c’est finalement Robert Denoël qui en accepte la publication. Désormais, nous ne parlerons plus du docteur Louis Destouches mais de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline. Robert Denoël est un jeune éditeur - il est âgé de trente ans - et s’est associé avec un commanditaire, Bernard Steele, qui se retirera de la société quatre ans plus tard. Les éditions Denoël sont connues depuis la publication en 1926 d’Hôtel du Nord d’Eugène Dabit. Robert Denoël demande à Céline de procéder à quelques coupures afin d’éliminer certains propos qu’il juge obscènes, mais l’auteur s’y refuse catégoriquement. Le texte est donc publié tel quel. C’est un succès et l’on en parle rapidement pour le prix Goncourt mais, au dernier moment et contre toute attente, le prix est attribué à Guy Mazeline pour son roman Les Loups. Céline reçoit le prix Renaudot 1932.
En juin 1933, Elisabeth Craig quitte définitivement la France pour les Etats-Unis. Céline se met à la rédaction de Mort à crédit. En septembre, les éditions Denoël et Steele publient L’Église. Le 1er octobre, l’auteur prononce un hommage à Zola à Médan.
En juin 1934, il part aux Etats-Unis pour tenter de convaincre Elisabeth de revenir avec lui en France, en vain. De retour après un séjour américain de deux mois, il effectue plusieurs voyages en Europe puis s’efforce d’achever le roman en cours avant de se rendre à Londres en novembre. Il y rencontre celle qui va devenir sa compagne jusqu’au bout de son voyage : Lucette Almansor, qu’il épousera en 1943.
Mort à crédit est publié au printemps de 1936. A la fin de l’année, son éditeur publie sa thèse La vie et l’œuvre de Semmelweis et le pamphlet anti-communiste Mea culpa inspiré par l’impression qu’il a retirée de son voyage en URSS durant l’été.
De mai à septembre 1937, il rédige un second pamphlet : Bagatelle pour un massacre qui est publié, toujours par Denoël, en décembre.
Durant l’année suivante il parcourt l’Amérique du Nord et l’Angleterre et écrit son troisième pamphlet L’École des cadavres qui est publié en novembre. En 1939, le décret Marchandeau condamnant la haine raciale entre en vigueur. Les deux pamphlets sont retirés de la vente. L’École des cadavres ressort quelques mois plus tard après avoir été expurgé de six pages controversées.
De la « drôle de guerre », la France plonge brutalement dans la vraie. La défaite est aussi fulgurante qu’inattendue. C’est l’exode. Céline, nommé médecin-chef du dispensaire de Sartrouville, est chargé d’évacuer en ambulance une femme et des nourrissons jusqu’à La Rochelle : « Notre bouzine cane, grelotte, engagée traviole au montoir entre trois camions déporte, hoquette, elle est morte ! Moulin fourbu ! Depuis Colombes qu’elle nous prévient qu’elle en peut plus ! de cent malaises asthmatiques... Elle est née pour les petits services... pas pour les chasses à courre d’enfer ! Toute la foule râle à nos trousses qu’on avance pas... » (Guignol’s band).
La défaite est consommée. Le pays est coupé en deux zones. Céline et Lucette s’installent rue Girardon, sur la butte Montmartre. Il rédige et publie en février 41 un nouveau pamphlet, Les Beaux draps. Il écrit également plusieurs articles antisémites qu’il envoie à différents journaux tout en se gardant de rallier un mouvement politique ou une rédaction de la presse collaboratrice. Néanmoins, il assiste en compagnie de Lucette, à un meeting de Jacques Doriot au Vel’ d’Hiv’ en février 42.
Il consacre l’essentiel de l’année à rédiger Scandale aux Abysses et à entamer la rédaction de Guignol’s band. Les précédents pamphlets sont réimprimés par Denoël. En septembre, paraît une nouvelle édition de Mort à crédit illustrée par son ami le peintre Gen Paul.
Guignol’s band sort en mars 1944. Compte-tenu de ses écrits, de ses amitiés avec certains collaborateurs et occupants, Céline se sent menacé. L’effondrement du gouvernement de Vichy et la retraite allemande l’incitent à quitter la France. Il a l’intention de gagner le Danemark où vit son amie Karen Marie Jensen à laquelle il a, semble-t-il, confié de l’argent, peut-être des lingots d’or ? Il faut traverser l’Allemagne sous les bombardements alliés incessants. Ils sont bloqués à Baden-Baden et n’obtiennent pas les visas nécessaires pour le Danemark. Ils se retrouvent dans un village du Brandebourg en compagnie de l’acteur Le Vigan et du chat Bébert que ce dernier confiera au couple. « Juste au moment : vzzzz ! un petit avion pique... de très haut... nous passe par-dessus, pas le temps de faire : ouf ! et nous repasse... et encore !... en loopings !... je me ressaisis... je le vois... c’est un « Maraudeur », un escorteur de « forteresses »... c’est déjà arrivé deux fois... il y a un mois... comme ça, qu’ils piquent se rendre compte... » (Nord).
En octobre 44, ils sont à nouveau déplacés et envoyés à Sigmaringen dans le sud de l’Allemagne où se sont réfugiés tous les collaborateurs français du régime nazi. Ils sont logés à l’extérieur du château occupé par les membres du gouvernement de Vichy dans une ambiance surréaliste. « ... la Chancellerie du Grand Reich avait trouvé pour les Français de Siegmaringen une certaine façon d’exister, ni absolument fictive, ni absolument réelle, qui sans engager l’avenir, tenait tout de même compte du passé... statut fictif, « mi-Quarantaine mi-opérette »... » (D’un château l’autre).
En fin de compte, Céline, sa femme et Bébert sont autorisés à partir pour le Danemark. Nouvelle traversée mouvementée de l’Allemagne en ruine et totalement désorganisée. Ils arrivent à Copenhague le 27 mars 1945. « Je me dis : Lili, je te retrouve, t’es là !... Bébert aussi !... oh, mais les sirènes... que de sirènes !... autant qu’à Berlin... ici ils devraient avoir fini, assez ratatiné tout !... enfin, à peu près... ou alors !... uuuh !... brang !... braoum !... des bombes... des bombes,... » (Rigodon).
Céline apprend le décès de sa mère survenu le 6 mars. Le 19 avril, un mandat d’arrêt est lancé contre lui pour haute trahison. Le 17 décembre, Céline et Lucette (Lili dans les romans) sont arrêtés par la police danoise. Le 2 du même mois, Robert Denoël a été assassiné à Paris dans des conditions non élucidées. A la fin du mois, Lucette est relâchée. De cellule en hôpital, sa santé se dégradant, Louis est finalement libéré sur parole le 24 juin 1947. Il a commencé la rédaction de Féerie pour une autre fois.
Lucette et Louis sont logés dans la demeure de leur avocat Me Mikkelsen, sur les bords de la Baltique. A Paris, les amis de Céline commencent à s’agiter en sa faveur. Albert Paraz publie Gala des vaches contenant plusieurs lettres de Céline dont celle intitulée Lettre à Jean-Baptiste Sartre, l’agité du bocal. Le Voyage et Casse-pipe sont réédités.
Le couple rentre en France en 1951. Céline signe un contrat d’exclusivité avec les éditions Gallimard et s’installe à Meudon. Les Entretiens avec le professeur Y sont publiés en 55 et D’un château l’autre sort deux ans plus tard. Le livre est violemment pris à partie par d’anciens collaborateurs. En mai 1960, Nord est publié.
Le voyage s’achève à Meudon le 1er juillet 1961 juste après avoir achevé une seconde rédaction de Rigodon.
Découvrez la vie de Louis-Ferdinand Céline à travers l'émission TV qui lui a été consacrée. L'émission (série "Un siècle d'écrivains") a été découpée en 3 parties:
1ère partie: 15mn35
2ème partie: 16mn11
3ème partie: 14mn47
© Alain Mourgue 2006-2007
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